[SUD-OUEST] Municipales sur le bassin d’Arcachon : à La Teste-de-Buch, le général sort de sa réserve

Article de Bruno Béziat dans Sud Ouest, publié le 05/12/2025 à 19h00. Voir l’article sur le site de Sud-Ouest

Plutôt discret depuis son annonce de candidature en avril, le candidat sans étiquette Thierry Gouaichault annonce la distribution d’une lettre sur la commune et une réunion publique le 18 décembre pour « se faire connaître »

Il prend son temps, Thierry Gouaichault, et il le revendique. « Je découvre la politique et j’ai un tempo qui est le mien ». Depuis sa déclaration de candidature en avril aux élections municipales de La Teste-de-Buch, il n’a pas trop fait parler de lui, à part quelques interventions sur les réseaux sociaux. Il a toutefois arpenté le terrain discrètement ces quelques mois, à la rencontre des associations, un « tissu associatif » qui lui tient à cœur. Il a aussi constitué son équipe de campagne, réuni une trentaine de personnes dans un comité de soutien présidé par l’ostréiculteur Dominique Aloir, et vient d’embaucher une agence de communication.

« Être un chef »

Sa campagne, il va véritablement la lancer ce week-end avec une lettre distribuée dans tous les foyers. Il y explique les raisons de sa candidature, se présente, et fixe « des priorités identifiées ». Mais pas de liste et de programme à ce jour. « C’est trop tôt. Je ne vais pas les dévoiler maintenant. On y travaille évidemment ». Sa première réunion publique est également programmée le 18 décembre à 19 heures à Cravey, mais là encore pour se faire connaître, un pas de plus pour entrer dans une campagne qui s’annonce éclair et va monter en puissance l’an prochain. Il déplore au passage que celle de ses adversaires soit déjà « de caniveau » avec « des mensonges » : « Avec moi, il n’y aura pas cela ».

Décembre est donc le temps où le général à la retraite se raconte et explique. Car il en est persuadé, c’est une personnalité que l’on va élire en mars, plus qu’un programme. « Être maire, c’est être le patron, se comporter en chef, savoir gérer les hommes et les femmes ». Et justement, il connaît la musique. Thierry Gouaichault a passé plus de trente-cinq ans dans l’armée, a gravi les échelons, a dirigé, organisé, planifié, et combattu aussi dans des opérations en Afghanistan et en Irak. Il a été commandant de la base aérienne 120 de Cazaux où il est installé en famille depuis 2011, et a terminé au plus haut de la hiérarchie militaire, général de division aérienne.

Artificialisation

Ses motivations ? « Je n’ai pas une ambition personnelle ou pour un clan, contrairement à ce que j’ai entendu. J’ai l’ambition de servir La Teste et les Testerins et une appétence pour la politique. J’entends aujourd’hui un bruit de fond sur la nécessité de changer de gouvernance. Il y a eu trop de promesses non tenues, et pas 98 % tenues comme je l’entends. Beaucoup d’habitants sont déçus. Quand je donne ma parole, je la tiens. ». Est-il soutenu par l’ex maire Jean-Jacques Éroles ? « Je pense qu’il me soutient. Vous lui demanderez. C’est quelqu’un qui compte dans la ville. Mais je suis Thierry Gouaichault et je mène une liste sans étiquette ». On y retrouvera certes quelques élus qui se trouvaient dans la majorité de Jean-Jacques Éroles, mais « beaucoup de nouveaux en politique ».

Ses priorités, en attendant le programme, seront d’abord l’urbanisme : « Je sais qu’il faut des logements, mais on ne fera pas de l’artificialisation n’importe comment et on respectera l’identité de notre ville ». Il faudra aussi « de la transparence, une meilleure planification et organisation, et une politique de sécurité ». « La sécurité, je sais faire. On doit définir, identifier le risque, pour le contrer », ajoute-t-il. Il cite également la protection de la forêt ou le centre-ville : « Cela ne se fera pas en deux jours, mais il faut redonner envie d’aller au centre de La Teste ». Ou, enfin, « traiter tous les quartiers de la même façon ».